Pas plus tard qu’il n’y a pas longtemps, je reniflais sur YouTube et j’ai éternué de plaisir à l’odeur d’une curieuse vidéo aux accents asiatiques. Il s’agit d’une interview d’un expert économique invité sur un plateau de la CCTV, la « très puissante » télévision chinoise. Le vénérable professeur Mehlang Chang, chercheur en économie politique et auteur de « La patrie des droits de l’homme en déclin » expose la situation économique hexagonale et l’analyse finement suivant « le syndrome du larbin », voici son propos :
L’économie française…
Analysée par les chinois !
Bon :
j’espère que vous aurez compris qu’il s’agit d’un détournement particulièrement
bien fait ! Vous apprécierez sans nulle doute le jeu de mot « Mehlang
Chang » en hommage à notre Mélanchon national ;-) Au-delà de
l’humour, le postulat suivant lequel un bon nombre de citoyens seraient
atteints du Syndrome du Larbin est des plus intéressantes. Un certain Julien
Arlandis a écrit en juin 2010 un bon papelard sur le sujet dans Agora Vox,
suivit l’année suivante d’un conte moderne sur le même sujet. Comme c’est bien
écrit, je vous les retranscris ici sans en changer une virgule mais en
agrémentant le texte de quelques illustrations…
« Je
suis un jeune homme passionné de sciences, j’essaierai de vous faire partager
mes lubies du moment, mes coup de gueules, mes passions, mon regard sur
l’actualité. Si vous êtes comme moi atteint de sarkophobie je vous suggère la
lecture du syndrome du larbin en attendant de nouveaux articles… »
Le syndrome du larbin
Chez un individu, le syndrome du larbin est un comportement pathologique visant à prendre systématiquement la défense des classes les plus favorisées au détriment de celles dont il est issu. Ce syndrome diminue les capacités d’analyse du larbin et se traduit par un blocage psychologique l’incitant à agir préférentiellement contre ses propres intérêts au profit de ceux qui l’exploitent.
Analyse des symptômes
L’amour démesuré qu’affiche le larbin à l’égard des patrons, des rentiers ou des milliardaires, est l’acte de foi qui structure son discours. Le larbin agit sans discernement de ce qui pourrait être bon pour lui, il intellectualise le débat pour tenter de nous convaincre que piocher chez les riches est toujours la pire des solutions, quand bien même il en serait bénéficiaire. Les arguments économiques qu’il invoque inlassablement n’ont pas servi à forger sa conviction, le syndrome du larbin est malheureusement une vocation qui se trimbale dès le plus jeune âge et contre laquelle il n’existe aucun remède. Le larbin n’a pas choisi d’aimer les riches, il aime les riches parce qu’il est un larbin. De tendance nettement libérale le larbin est celui qui vous vante les bienfaits du bouclier fiscal alors même qu’il ne paye pas d’impôts. C’est encore le même larbin qui voudrait réduire ou supprimer l’impôt sur la fortune même s’il sait qu’il ne sera jamais concerné par la question. Un écervelé victime du syndrome du larbin n’a pas de conscience politique, il vote instinctivement dans l’intérêt de ceux qui l’exploitent pour s’attirer leur bienveillance. Le larbin estime que l’argent qui lui fait défaut, est beaucoup plus utile dans le coffre d’un riche qui pourra ainsi le réinvestir beaucoup plus utilement qu’il ne l’aurait lui même dépensé. Le larbin cautionne tous les sacrifices et les plans d’austérité dont il pourrait être l’objet comme la baisse des salaires, ou encore l’augmentation de l’âge de la retraite même si son travail ne lui convient d’aucune façon et que ses maîtres ne lui offrent aucune perspective d’améliorer sa condition.
Hypothèses sur l’origine du syndrome

Deux théories principales s’affrontent pour expliquer l’origine du syndrome : la thèse génétique et la pathologie mentale.
Après des siècles d’esclavage et de féodalité, les larbins pourraient être le produit d’une sélection artificielle des soumis par leurs maitres. La transmission génétique des caractères aurait favorisée la sélection d’une souche vivace de larbins domestiques au profit d’une nouvelle espèce de primates : l’homo larbinus.
Selon cette hypothèse le mécanisme en œuvre serait similaire à la sélection des chiens et des chevaux mais directement appliqué à l’homme.
Pour les tenants de la pathologie mentale le caractère héréditaire n’est pas retenu, il s’agirait plutôt d’un trouble qui se développerait dès l’enfance. Le processus s’aggraverait au passage à l’âge adulte lorsque le sujet prend conscience de la médiocrité de sa condition, le larbin développerait des stratégies inconscientes visant à restaurer un équilibre cognitif pour justifier l’acceptation de sa subordination. Le larbin finit ainsi par s’identifier à ses maîtres en s’imaginant appartenir au corps social qui l’exploite.
Quelques exemples

Les quelques messages qui suivent portent la quasi-signature "littéraire" d’un larbin digne de ce nom :
« Les riches il faut les bichonner, les câliner, si on les spolie trop ils s’installeront ailleurs ».
« Le Bolchévisme ? Non merci les Russes ont essayé en 17... »
« Comme en Corée du Nord ou au Zimbabwe ? »
« La fortune de Bill Gates ? Ça fait 3 pizzas par Africain et après on fait quoi ? »
« Si les riches disparaissent on pourra plus leur vendre des produits de luxe ! »
« Ma patronne paye trop de charges ! »
« Les parachutes dorés c’est une compensation pour dissuader de saboter davantage l’entreprise, divisé par le nombre de salariés ça fait beaucoup moins que dans une seule poche ».
Population affectée

Le syndrome du larbin ne prolifère pas seulement chez les plus démunis intellectuellement comme on pourrait le penser, il affecte une large fourchette de la population sans corrélation apparente avec le niveau d’étude (20% de la population pense faire parti des 1% les plus riches). Les larbins sévissent en masse sur les forums d’économie dont l’étude de cette discipline semble en aggraver les symptômes. Le paysage politique avec l’élection d’un président au service des ploutocrates révèle un seuil de contamination critique dans la patrie des droits de l’homme. La situation est grave mais peut-être pas complètement désespérée et les symptômes ne cessent d’évoluer au fil de l’actualité, aussi aidez-nous à maintenir et à diffuser ce document pour lutter efficacement contre ce fléau des temps modernes.
Pour la santé publique.
Paru sur Agoravox :
Le pouvoir invisible
Conte moderne
L'histoire commence dans ce petit terroir où les valeurs morales qui unissent ses habitants sont celles du travail, de l'effort et du mérite. L'économie s'y porte bien, les marchandises et les services s'échangent contre une monnaie de papier imprimée par les autorités locales. L'argent gagné est rapidement dépensé, nul ne cherche à faire des économies dans cet univers de fraternité où les lendemains sont toujours certains.

Les jours qui suivent, Modaf se contente d'analyser la situation d'un œil attentif, à sa grande surprise alors qu'il ne fait plus tourner sa planche à faux billets, il constate que l'activité ne décroit pas. Sans s'en apercevoir les travailleurs ont augmenté en moyenne leur durée quotidienne de labeur de quelques minutes supplémentaires, c'est la contrepartie du travail à fournir pour que les billets introduits par Modaf puissent continuer à s'échanger. Satisfait de l'invisibilité de son forfait, Modaf jure que dorénavant il se préservera de tout travail : misérable activité qui n'a de valeur que sa souffrance. Jour après jour, le faussaire inonde le pays de sa fausse monnaie, chaque nouveau billet apporte sa dose invisible d'aliénation qui surcharge les mules. Mais quelques années de ce régime ont vite eu raison des mules qui se sont épuisées..., les prix ont fini par augmenter, l'épargne a fait son apparition, l'économie est rentrée en récession. Mais Modaf est de plus en plus gourmand, des clans se forment et s'accusent mutuellement de la responsabilité de leurs malheurs, on désigne des boucs émissaires, la nourriture commence à manquer.

Le pays est
divisé entre les partisans de Modaf qui le désignent déjà comme leur futur
maître et les insatisfaits qui en appellent à la guillotine.
Mais le cri des larbins est plus fort que la raison, Modaf est désigné comme le banquier qui veillera sur les intérêts financiers du pays. Modaf propose un nouveau marché, désormais l'argent devra lui être emprunté sous la forme d'une dette destinée à être remboursée avec des intérêts. Chaque billet en circulation devient une dette à l'égard de Modaf, pour 10 billets empruntés les habitants devront rembourser un total de 15 billets, 10 billets seront détruits pour contrer l'inflation et les 5 billets restants iront dans la poche de Modaf en guise de rémunération.


Le conflit se règlera par les urnes, pour le candidat Nagy-Bocsa Mr Modaf paye trop d'impôts ce qui l'empêche d'investir efficacement dans l'économie. Et enfin les villageois ne travaillent pas assez, il faudra travailler plus pour gagner plus.
L'argumentation
brillante de Nagy-Bocsa le propulse au rang de chef incontestable. Fidèle à ses
promesses il ne tarde pas à placer le remboursement des intérêts de la dette en
tête des priorités du village. Les emplois fonctionnarisés de l'instituteur et
de l'infirmière du village sont rapidement supprimés au nom de la dette. Pour
remédier à la crise les villageois aimeraient bien rehausser la valeur de leur
travail, mais la plupart sont devenus les salariés d'une entreprise financée
par Mr Modaf qui leur refuse toute augmentation. Alors dans un élan de
générosité, le chef Nagy-Bocsa avec la complicité de Mr Modaf facilite
davantage l'accès au crédit et favorise les prêts à la consommation. Le salaire
qui leur est volé leur est prêté à des taux de plus en plus élevés. Comme le
travail ne rapporte plus, de nombreux ouvrier se convertissent dans de
nouvelles activités comme le trading et les assurances, mais très rapidement il
n'y a plus rien à produire.
Quatre années de ce régime ont vite eu raison de l'idéologie de ses défenseurs, ce village qui était jadis l'un des plus prospères est maintenant menacé de liquidation et de faillite. Mr Modaf qui jusqu'alors distribuait les bons points en récompense des performances de Nagy-Bocsa, devient menaçant à l'idée d'une banqueroute qui mettrait fin à ses juteux intérêts : si un plan de rigueur ne met pas fin à la mauvaise gestion des deniers publics il baissera la note de compétence du village. Nagy-Bocsa est paniqué car il sait qu'une mauvaise note entrainera une hausse des intérêts, ce qui serait absolument catastrophique pour sa réélection prochaine. La priorité absolue est donc de conserver les bonnes notes de Modaf, y parviendra t-il ?
La suite
dans l'actualité des semaines à venir.
par Julien
Arlandis le lundi 21 novembre 2011
Paru sur
agoravox
Bien :
maintenant que vous avez pris le temps de visionner la paire de vidéos et de
lire ces deux essais : la parole est à vous !
Sommes nous tous, proportions
gardés, les larbins d’un système ? Ou le contraire ? En
connaissez-vous des larbins ? Allez : exprimez vous !
Salut la reniflance : et toi tu lèche le cul à qui ?
RépondreSupprimerMoi Môssieur, je ne lèche pas : je renifle !
SupprimerA partir du moment ou on a pas une activité "tournée" vers les autres, je veux dire par là "au service d'autrui", on contribue au systeme de merde. Paradoxalement, on trouve énormément de lèche cul dans le service public, normalement "au service des autres". Normal : on l'organise hiérarchiquement et "managerialement" pour obtenir ce résultat !
SupprimerDeil mon renifleur ;-)
Mais que fait l'OMS :-D
RépondreSupprimerPour nos amis anglophones : http://www.youtube.com/watch?v=qdexIUfqcyI
RépondreSupprimerà méditer : je crois "renifler" Un exemple de larbin léche cul.
RépondreSupprimerOuatarra est-il venu avec des valises de billets dans son avion pour "payer ses intérets" et remercier son bienfaiteur ?
Les dépenses de qui vous savez vont commencer à gros débit. pour l'instant c'st le budget de l'état qui paye les déplacements mais une fois candidat, il faudra vendre beaucoup de T-shirt pour "justifier" des comptes de campagne.(comme en 1995)
Merci pour la qualité de ces articles qui nous rappelle une fois encore que, sur internet comme ailleurs, il faut accepter de prendre le mauvais avec le bon. Belle éloge à la liberté de parole en somme ...
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